Eméric Lugon était né à Quart, le 28 mars 1896, d'une famille d'agriculteurs originaire de Brissogne.

Après avoir servi sa Patrie dans la guerre 1914-18, il partit pour l'Indochine en 1919. Ses qualités d'intelligence et d'ardeur au travail lui valurent aussitôt le poste envié de chef du service de la Filature à la Société des Soieries de Nam-Dinh (Tonkin). Mais une grave maladie l'obligea à rentrer au pays pour se soigner.

Au bout d'une année il fit retour au Tonkin comme Directeur de la Société des Marbres et Calcaires de Phuly, qu'il dirigea de main de maître. Distingué par l'Inspecteur Général Gaunay de la Banque de l'Indochine, on lui confia l'importante charge de Directeur de la Société Immobiliaire créée par la même Banque, poste qu'il conserva à la pleine satisfaction et louange de ses supérieurs jusqu'à la fin de sa carrière en 1957.

Pendant la guerre interne qui se déchaîna en Indochîne il donna preuve d'un grand courage, de beaucoup de tact et de générosité, surtout à l'égard des Missionnaires catholiques. Dernièrement il s'était retiré à Toulon, près de sa soeur Adèle, et de son beau-frère M. le Préfet Giraud-Gilliet, administrateur en chef de la France d'outre-mer, à côté et à l'aide duquel il a vécu dans la plus parfaite entente et dans la plus sincère amitié"

"Corriere della Valle d'Aoste", 21 janvier 1960

Fils d'Adolphe Jeantet de Cogne, il naquit à New-York, comme ses deux frères, Ernest et Joseph.

Connu comme propriétaire du Restaurant Jeantet, à Corona, il fut aussi joueur de saxophone, manager de groupes musicaux et vendeur de radios. Il s'engagea dans la vie politique de son quartier en qualité de "chairman of Community Planning Board 3 for Corona, Elmhurst and Jackson Heights" (président du Conseil pour la planification de communauté pour Corona, Elmhurst et Jackson Heights), méritant d'être rappelé par l'intitulation de l'école primaire locale (Public School n. 19, dans le Queens).
Sa disparition prématurée priva la communauté valdôtaine de New York d'un de ses personnages les plus actifs.

 

Né dans une famille noble d'Aoste en 1033, poussé par sa soif de savoir il entreprend dans sa jeunesse un voyage qui l'amène en Normandie où, à l'abbaye du Bec-Hellouin, il complète ses études et rédige ses oeuvres philosophiques les plus importantes. En 1089, le roi d'Angleterre Guillaume II, fi ls de Guillaume le Conquérant, lui propose de succéder à son maître Lanfranc, récemment décédé, comme archevêque de Cantorbéry. Après une période de réflexion, Anselme décide d'accepter et est ordonné évêque en 1093. À la suite de fréquents confl its avec Guillaume II, puis avec le frère et successeur de celui-ci, Henri Ier, il se rend plusieurs fois à Rome pour rencontrer le pape et s'éloigner des rois anglais. Après un accord avec le roi, obtenu grâce à la médiation du pape, il rentre à Cantorbéry en 1106, où il meurt le 21 avril 1109. La pensée de saint Anselme a été fondamentale pour le développement de la pensée philosophique médiévale en Europe. Son désir de concilier foi et raison et sa volonté d'expliquer rationnellement l'existence de Dieu influencèrent toute la pensée philosophique par la suite.

(par les soins de l'Académie Saint-Anselme)

Lilyan Chauvin naît le 6 août 1925 à Paris. Si sa mère, Emilia Speltiens, est française, son père Pantaléon Pierre Zemoz, est lui originaire de Villeneuve, en Vallée d’Aoste.

Après avoir envisagé des études de droit, elle gagne bien sa vie en travaillant pour la radio en France et décide de se tourner vers le show business. Elle étudie à l'École de Cinéma de Paris and suit le cours de Jean-Louis Barrault, toujours à Paris.

Elle a 21 ans quand elle part pour New York, où acquiert sans problèmes la citoyenneté américaine, son père ayant servi dans l’U.S. Army pendant la Grande Guerre et ainsi mérité de devenir citoyen des États-Unis. À sa naissance, Lilyan était, par conséquent, la fille d’un Américain et il lui suffit de démontrer son lien de parenté pour voir ses droits reconnus.

Lilyan suit les cours de l’Actors Studio et améliore son anglais au Cours Berlitz. Elle qui parle déjà espagnol, allemand, italien et russe, devient rapidement l’un des meilleurs professeurs de l’école et se voit confier le soin d’aider les acteurs à prendre l’accent qui convient à leurs divers rôles.

Actrice, elle tourne avec les plus grands réalisateurs (Steven Spielberg, les frères Coen, Stephan Hopkins…) et a pour partenaires John Wayne, Barbra Streisand, Omar Sharif, Susan Sarandon, Leonardo di Caprio, Martin Sheen, Nathalie Baye ou Tom Hanks, pour n’en citer que quelques-uns.

Elle joue aussi beaucoup de seconds rôles dans des films ou de nombreuses séries (Mission Impossible, Mannix, Star Trek, ER, CSI, The X-Files, Murder She Wrote, Magnum P.I. et, plus récemment, Friends, où elle interprète la grand-mère de Joey).

Lilyan Chauvin est également l’un des professeurs d’art dramatique les plus recherchés et appréciés de Hollywood. Elle donne des cours privés mais enseigne aussi à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et à l’Université de Californie du Sud (USC).

Passionnée par la lecture et la nature, elle est aussi particulièrement attachée aux causes féminines, surtout dans le cadre du monde du spectacle : membre pendant 39 ans de l’association Women in Film, elle en est à deux reprises la vice-présidente.

Elle meurt le 26 juin 2008 à Studio City en Californie.

Au moment de son décès, sa tante Perside, qui vit encore à Villeneuve, évoque son souvenir dans une lettre publiée sur le blog dédié à l’actrice.

Peut-être le plus anciens des émigrés valdôtains aux Amériques, il décède en 1770 à Haiti, selon le document conservé aux Archives Nationales d'Outre-mer d'Aix-en-Provence, publié par Alessandro Liviero dans son article Un valdôtain dans l'ile de Saint-Domingue au XVIIIe siècle, paru dans Le Flambeau, n. 254 en 2021.
"Le 19 juin 1770 le Sieur Charray Dumont natif du bourg de La Salle au Duché d'Aoste en Piémont, se voyant attaqué d'une maladie grave, a fait venir un Notaire dans la maison qu'il occupoit au quariter du Cul-de-Sac, et lui a dicté en présence de deux témoins, son testament".

L'abbé Charles-Albert Ferina est un représentant de la vaste communauté de religieuses et religieux originaires de la Vallée d'Aoste qui choisirent de devenir missionnaires, incarnant ainsi une forme d'émigration très spéciale, mais assez répandue en Vallée d'Aoste entre le XIXe et le XXe siècle, surtout par rapport à la population totale du diocèse.

Issu du Petit Séminaire, formé au Séminaire français de Rome et aux Universités Grégorienne et Apollinaire, l'abbé Ferina fut pendant vingt ans vicaire et curé de différentes paroisses du diocèse d'Aoste.

En 1899, il débarqua à New York, où il fut pendant quelque temps vicaire de la paroisse de Sainte-Lucie (St. Lucy's church) de East Harlem, avant de devenir responsable de la paroisse de Sainte Rita de Cascia (St. Rita of Cascia) dans le Bronx, un quartier peuplé d’émigrés venus d’Europe, à l'époque.

Il maintint cependant des contacts avec la Vallée d'Aoste et, en particulier, avec Mgr Joseph-Auguste Duc, l'évêque du diocèse.

 

Lettre de l'abbé Ferina à Mgr Duc,
(depuis St-Rita's Rectory, Bronx Borough, New York, 22 décembre 1908)

« C'est étourdissant que le mouvement que se donne les Américains pour le Christmas, Noël. C'est un assaut aux Magazins qui jouent à s'imposer et à se refournir les uns mieux que les autres. Partout, chacun reçoit et fait ses présents. J'ai bien ma part. Les rentes de la paroisse ont diminué mais les dépenses sont bien les mêmes. Christmas me coûte au moins 200 $, sans compter les présents personnels. Chaque enfant du catéchisme a eu dimanche dernier sa boîte de candy (bonbons) avec la carte. Mes enfants de Messes, le Junion Choir, les enseignants et enseignantes de catéchisme, 35 environs, le Chœur, le Cercle des dames (pour les pauvres), chacun veut sa petite part (...) La Messe de Noël est défendue, ici, sauf dans les couvents. Nous avons une Messe à 5h et la Grande Messe à 11h. Puis tout est fini. Pas de dévotion dans cet après-midi, le monde est trop occupé aux plaisirs de famille ».

Ernestine Branche émigra aux Etats-Unis ainsi que trois de ses soeurs et y accomplit une carrière remarquable. À son arrivée, elle se déclara "Housekeeper" soit gouvernante, mais sa maîtrise des langues lui valut un emploi comme assistente sociale et la possibilité de fréquenter les cours du soir à la Washington Irving High School. Elle y obtint son diplôme et, ensuite, alla à l'université, si bien qu'elle devint professeur d'espagnol, français et italien dans les "college" pendant une vingtaine d'année.
Au moment de la retraite, elle s'installa dans son pays natal, où elle rédigea son autobiographie, La Race qui meurt, dans laquelle elle se décrit en troisième personne, employant le pseudonyme "Avesta".

Son corps repose au le cimetière de Saint-Pierre, dans le tombeau familial, avec ses frères et ses soeurs.

Ellis Island soit l'Ile des Pleurs
"Ceux-là seuls qui ont connu la tragédie de cette île aux jours de l'émigration formidable sont à même d'en comprendre toutes les horreurs. Hommes, femmes, enfants jètés sans égard, comme les animaux, tandis que les emploiyés habitués à ce désordre migratoire, leur criaient sauvagement dans un langage que personne ne comprenait et les poussant tous comme s'il s'était agi d'animaux que l'on pousse à l'abattoir. Ils leur firent suivre des corridors en zigzag, enfoncés dans les cages qui n'avaient pas de fin. chacun devait porter ses propres bagages, sans que personne ne les aidât. Et toutes ces pauvres femmes, avec leurs bébés suspendus à leur sein, tandis que d'auytres enfants leur tiraient les jupes, etc. etc. Et il fallait bien s'occuper des paquets d'habits qu'elles piétinaient au-devant d'elles. d'autres, encore, les portaient sur la tête, tandis que les hommes transportaient les poids les plus lourds. d'autres pauvres émigrants, trop fatigués et ahuris par tant de fraas, ne savaient plus que pleurer, en trainant enfants et paquets, comme Dieu voulait bien. Et tout cela ne suffisait pas à contenter ces employés inhumains qui continuaient leurs cris et leurs injures à ces pauvres déracinés sans pitié, loin de leur pays.
Pourquoi n'y avait-il pas quelques femmes au coeur tendre qui prit pitié de tant de misères et de larmes? On les considérait comme du bourbier humain, apparemment, car les cris continuaient sans trêves ni relâche. S'ils ls considéraient comme du bourbier humain, ces employés sans coeur ne savaient-ils pas qu'eux aussi étaient descendus de toute cette misère humaine transporté en Amérique, où, finalement, à force de travail et de privations, ils réussirent à se créer une position en mangeant un pain assaisonné de larmes, car le pain du maître a sept croutons, et ce n'est que trop vrai.
"Est-ce que ceci l'Amérique" demanda Elsie à sa soeur "grand Dieu, quelle horreur"
Enfin, on arriva dans un grand hall, tout bordé de grillages en claie. C'était à en crier d'épouvante. Etait-ce une prison? Mais les ordres de ces employés continuaient toujours pour nous dire de nous asseoir à une table devant un repas qui ressemblait un hachis de poules et de boire un liquide qui ressemblait à l'eau du récurage. Touse ensemble, homes, femmes, enfants, dont plusieurs étaient suspendus au sein de leur mère. C'en était trop. Les deux soeurs ne purent que s'asseoir sur leurs valises en sanglotant: "Maman, Maman, où es-tu?" Ainsi passèrent-elles leur premier dimanche en Amérique"

Je suis arrivée à Paris en sabots où, dès que j'ai sauté sur le macadam, je me suis exclamée (en patois), le gout déjà très parisien: "Pas beau! Belles chaussures pour Didine! (Mon vrai prénom est Edouardine) (D. Grey, 70 ans sur les planches, Plon 1988).

Née le 17 septembre 1896 à Châtillon, Edouardine émigre à Paris toute jeune avec sa famille et entame bientôt une carrière d'actrice, passant des Folies Bergères au théâtre et au cinéma.

Vedette incontestée du grand et du petit écran français, Denise Grey finit par acquérir une renommée internationale grâce à son interprétation du rôle de Poupette, la grand-mère de la protagoniste de La Boum, le film de Claude Pinoteau mieux connu en Italie sous le titre de Il tempo delle mele.
Son caractère positif et son inébranlable sens de l'humour l'aident à surmonter les nombreuses épreuves de sa vie. En 1919, en effet, toute jeune maman d'une petite fille, Suzanne, qui deviendra elle aussi actrice, Denise perd l'homme de sa vie dans un accident.

Ce malheur ne freine pas sa volonté de vivre et peu de temps après elle reprend sa carrière qui, à deux reprises (1944-46 et 1957-58), l'amène à la Comédie-Française, temple du théâtre de l'Hexagone.

Au cinéma, en dehors de La Boum, elle se voit confier plusieurs autres rôles importants, comme celui de la mère de la protagoniste, dans Le diable au corps de Claude Autant-Lara (1947), tandis que le public du petit écran la retrouve avec plaisir dans Les rois maudits, une série historique dédié au Moyen Âge et retransmise par la télévision française dans les années 1970.

Au théâtre, sa carrière se prolonge jusqu'aux dernières années de sa vie, la ramenant même en Vallée d'Aoste, où elle joue sur les planches du théâtre Giacosa en 1983.

Mais Denise Grey joue aussi un rôle important dans l'histoire de l'immigration valdôtaine: elle accepte en effet de devenir la marraine du Rideau valdôtain, la compagnie de théâtre constitué au sein de l'Union valdôtaine de Paris au début des années 1950 et qui resta active jusqu'en 1999.

Car cette grande dame du théâtre français n'a jamais oublié ses origines valdôtaines, ni sa famille restée de ce côté-ci des Alpes, au sein de laquelle son souvenir est resté intact aujourd'hui encore.